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juin 13, 2005

Hisham donne son avis sur la question des frontières

Je me permets de reproduire ci-dessous les commentaires éclairés d'Hisham la question des frontières cambodgiennes.

Chers tous,

Je me permets un bref commentaire sur cette question (j'ai eu l'opportunité de faire mon mémoire de DEA juridique sur les frontières du Cambodge).

L'accord diplomatique entre les gouvernements de la Thaïlande et du Cambodge n'est pas véritablement méritoire dans la mesure où il n'y a plus de différends, à proprement parler, concernant le tracé terrestre de la frontière khméro-thaïlandaise. Et ce, depuis le célèbre arrêt de la Cour Internationale de Justice devant laquelle s'est illustré le conseil du Cambodge en la personne du professeur Reuter.

Le seul différend encore existant entre les deux pays restait et demeure encore celui sur la frontière maritime (délimitation maritime). Si l'arrêt de la CIJ en 1962 semble donner un certain avantage à la position khmère quant à la « ligne Koh Kut », la position thaïlandaise conserve une certaine force – ce qui crée précisément le différend. Le traité conclus entre la Thaïlande et le Vietnam en 1997 est d'ailleurs là pour en témoigner ; celui-ci brise la « ligne Koh Kut », sans avoir pourtant rencontré une contestation officielle du gouvernement cambodgien qui soit véritablement engagée et convaincante.

En somme, il me semble que le gouvernement de Bangkok, comme celui de Phnom Penh, n'ont guère véritablement avancé dans ces domaines. Je doute pour ma part de leur volonté d'avancer sur ces dossiers.

La situation juridique des frontières khméro-vietnamiennes est, en revanche, bien plus préoccupante. Avant même la fausse question de la démarcation frontalière entre ces deux pays, il y a une question fondamentale qui n'est toujours absolument pas résolue : les traités conclus entre la République Populaire du Kampuchéa et la République Socialiste du Vietnam en 1982, 1983 et 1985 sont-ils valables ? Je rappelle à cet égard que la commission mixte khméro-vietnamienne (représentant en son sein les positions officielles des gouvernements cambodgien et vietnamien, à la différence du conseil nouvellement institué et dirigé par Norodom Sihanouk qui ne représente rien, du moins qui ne représente pas la position officielle du Cambodge) base son travail sur ces traités. Cette question ne doit pas être éludée au profit de celle sur la démarcation. Démarquer, c'est bien. Mais encore faut-il savoir sur quelle base juridique il convient de démarquer.

Je ne parle même pas des traités d'exemption de visa conclus en 1979 et en 2000 permettant au soldats vietnamiens d'entrer armés en munitions, armes, véhicules et engins militaires sur le territoire cambodgien sans aucune restriction et contrôle aux frontières.

La presse, pour ne pas citer le Cambodge Soir, est souvent au service d'une information facile. Peut-être peut-on le regretter en songeant que son rôle serait davantage d'informer véritablement l'opinion publique, au nom des principes qui ont fondé la justification de sa liberté d'expression et d'opinion ?

Avec mes meilleures pensées,

Hisham

Posted by socrate at juin 13, 2005 07:25 PM

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