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avril 06, 2005

1975-2005, LE DEVOIR DE MEMOIRE, UNE NECESSITE

Article de Visal KAING publié dans l’Ecrit d’Angkor mars-avril 2005

A l’approche d’une date cruciale pour la communauté khmère, l’ensemble du monde associatif est en ébullition pour la préparation d’une action commémorative de grande envergure en France.
En effet, le Peuple khmer a vécu, il y a trente ans l’un des moments les plus sombres de l’humanité. Le génocide khmer rouge pendant lequel une partie très importante de la population cambodgienne fut décimée, constitue trop souvent une page oubliée de l’Histoire. L’extermination barbare de ces quelques 2 millions d’individus tend inexorablement à être oubliée voire ignorée par le grand public et en
particulier par la jeunesse. C’est pour rappeler ce nécessaire devoir de mémoire, que 30 ans après le drame, l’occasion de commémorer de manière solennelle les victimes de ce crime contre
l’humanité est saisie.

Le 17 avril 1975, la chute de Phnom Penh marque un tournant dans l’Histoire du pays. La capitale est littéralement vidée de sa population, et l’évacuation de millions d’hommes, de femmes et d’enfants, réalisée dans des conditions cruelles et inhumaines, laisse derrière elle une « ville fantôme ». L’idéologie politique, ethnique et raciale qui sous-tend alors le nouveau régime révolutionnaire amène le Kampuchéa Démocratique à la mise en place d’un système répressif et totalitaire dont la cruauté et l’absurdité n’ont rien à envier au IIIème Reich. La date du 17 avril est devenue indissociable du régime khmer rouge et marque le début d’un des génocides les plus horribles de l’Histoire. Trente ans plus tard, le traumatisme est toujours présent dans les esprits, et un projet de commémoration devait aboutir de manière inévitable.
Aujourd’hui, ce projet suscite un écho très positif chez les jeunes français et en particulier chez ceux d’origine cambodgienne qui se mobiliseront massivement, ce 17 avril 2005. Il a aussi recueilli le soutien le plus large du monde associatif khmer et français qui travaillent ensemble à la réalisation de cet événement. Plus d’une
trentaine d’associations et d’ONG participent à l’élaboration d’évènementiels liés à cette commémoration dans toute la France (conférences et témoignages, expositions, cérémonies rituelles et oecuméniques, messes, marche funèbre…).

Ce projet par sa dimension pédagogique a vocation à s’adresser à tous les citoyens du monde conscients de l’importance de l’Histoire de l’Humanité et soucieux du respect des droits de l’Homme et de la dignité humaine.

Pour la première fois depuis 30 ans, les obstacles à un projet de ce type, à une commémoration de cette envergure ont été levées même si les polémiques à l’égard de la situation politique cambodgienne demeurent. Cette manifestation de la société civile est partie d’une initiative apolitique dont les principes ont été acceptés unanimement par tous les organisateurs. La recherche des responsabilités individuelles pour le crime de génocide n’ayant pas encore abouti à ce jour, toute tentative de récupération politique de la part de quiconque serait un acte hautement irrespectueux de l’esprit de la commémoration collective.

Posted by socrate at avril 6, 2005 05:49 PM

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